Que financent le Livret A et le LDDS (Livret de développement durable et solidaire) ?

Que financent le Livret A et le LDDS (Livret de développement durable et solidaire) ?

C’était le 1er février 2020 : le taux d’intérêt du très célèbre livret A poursuivait sa chute, passant de 0,75% à 0,5%. Cette décrue n’est pourtant pas sans précédent, et cela fait en réalité plusieurs années que le livret A n’est plus le produit d’épargne le plus intéressant du marché.

Le livret bancaire fréquemment envisagé comme alternative est le LDDS (livret de développement durable et solidaire), présenté comme plus responsable. Il s’avère que celui-ci ne représente pas une solution très intéressante pour pallier le faible taux d’intérêt du livret A.

D’autre part, les aspects “durable” et “responsable” de ces livrets ont été à de nombreuses reprises remis en question, notamment dans le rapport “La Caisse des dépôts et consignations, financeur public des énergies du passé” (Observatoire des multinationales et 350.org)

Informations générales

Taux d’intérêt, fiscalité, plafonds : concrètement, en quoi consistent ces livrets ?

Le livret A

Créé en 1818 il est rapidement plébiscité et s’impose aujourd’hui comme un produit d’épargne de référence, allant même jusqu’à être qualifié de “placement préféré des Français”, et pour cause : fin 2019, le nombre de livrets A s’élevait à 55,6 millions (source : Banque de France).

Le livret A est donc un produit d’épargne réglementé par l’État. Cela signifie que c’est à celui-ci qu’il revient de définir son plafond, son fonctionnement, ou encore son taux. Aujourd’hui, pour les particuliers, le plafond est fixé à 22 950 euros (les associations peuvent pour leur part y déposer jusqu’à 76 500 euros).

Autre caractéristique du livret A, ayant probablement contribué à sa popularité : il est exempté de toute fiscalité, que cela concerne les impôts sur le revenu ou les prélèvements sociaux.

Le LDDS

Le livret de développement durable et solidaire est lui aussi un produit d’épargne rémunéré dont les fonds sont disponibles à tout moment. Ainsi, tous les établissements bancaires sont en droit de le proposer.

Par ailleurs, il présente des caractéristiques similaires au livret A, que ce soit au niveau de son taux d’intérêt (0,5%), ou de sa fiscalité (pas d’impôts). Toutefois son plafond est fixé à 12 000 euros.

Qu’en est-il de l’argent placé sur le livret A et LDDS ? L'argent placé sur le livret A et LDDS

Bien qu’à ses débuts l’intégralité du livret A fût centralisée à la Caisse des dépôts (CDC), cette dernière n’en détient aujourd’hui “que” 65%, le reste étant à la charge des banques.

Le revers de la médaille

Taux de rémunération peu élevés

Première ombre du tableau : leurs (très) faibles taux d’intérêts. Fixés en 2020 à 0,5% ils ne laissent pas vraiment de place à la fructification de votre épargne. En effet, le taux d’inflation ces dernières années est généralement supérieur aux rendements du livret A et du LDDS. Ainsi, bien que vous ne perdiez pas votre capital à proprement parler, ces livrets ne vous permettent pas de conserver votre pouvoir d’achat, bien au contraire.

Manque de transparence

Outre ces taux d’intérêt, la réputation du livret A a également souffert ces dernières années à cause de son manque de transparence, surtout en ce qui concerne le réinvestissement des fonds. En effet, officiellement, les banques déclarent que l’argent placé sur les livrets A aide au développement des PME, de la transition écologique et de l’ESS (économie sociale et solidaire). La CDC quant à elle, s’est engagée à investir 70% des fonds dans des logements sociaux.

Cependant, cette dernière a déjà essuyé un scandale il y a quelques années, avec le rapport publié par l’Observatoire des multinationales et 350.org : “La Caisse des dépôts et consignations, financeur public des énergies du passé”. Celui-ci a notamment révélé l’implication de la CDC dans les énergies fossiles. Or, 65% des montants sur le livret A sont gérés par… La Caisse des Dépôts.

L’argent placé sur ces livrets est géré séparément des autres actifs de la Caisse des dépôts, au sein d’un « fonds épargne ». Celui-ci ne fait d’ailleurs pas de distinction entre les fonds émanant du livret A et du livret de développement durable et solidaire. Bien que ce fonds soit majoritairement pour des prêts, une partie est tout de même placée sur les marchés financiers. Et le problème est qu’il n’y a aucune transparence sur ces placements.

D’après l’Observatoire des Multinationales et 350.org, en 2017, la CDC investissait toujours dans certaines entreprises liées aux secteurs du pétrole, du gaz ou du charbon, comme Engie ou encore l’opérateur gazier GRTgaz (dont la Caisse des Dépôts et ses filiales détenaient 25%). De plus, elle était accusée de contribuer au financement de projets d’exploitation de ces ressources fossiles. Ils citent par exemple le projet de Yamal dans l’Arctique russe, qui contribue à l’ouverture de nouvelles régions de la planète à l’industrie pétrolière et gazière.

Ainsi, une partie de ce qui est placé sur les livrets de développement durable et solidaire, et ce dans une proportion non connue, peut financer les énergies fossiles.

Conclusion

Le principal reproche fait à la Caisse des dépôts concerne le manque de transparence vis-à-vis des placements qu’elle fait. Outre leurs taux de rémunération peu élevés, il est possible que l’épargne placée sur un livret A ou LDDS puisse financer les énergies fossiles...

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